13.12.2008
LE MANAGEMENT PARTICIPATIF A OYONNAX
Depuis 2 ans et l'arrivée du nouveau Staff Technique mené par Christophe URIOS, l'USO a pris une nouvelle dimension. Construction d'un centre de formation pour les jeunes , développement du sport étude aux études secondaires, nouvelle organisation, nouvelle discipline sportive, nouvelle méthode...
Le management participatif est issu du monde de l'entreprise et est une réaction au Taylorisme (fin 19ème siècle ). Cette méthode donne de l'importance à la dimension humaine de l'entreprise (ici du club, de l'équipe 1). La finalité est toujours d'augmenter la performance individuelle des joueurs et collective (l'équipe).
Brièvement, Le postulat de départ est que le succès de l'entreprise, dépend directement de la performance de son management. En d'autre terme, le plus déterminant est l'efficacité de la collaboration entre dirigeants et joueurs. Une collaboration efficace signifie intégration et participation de tous les joueurs dans la reflexion . Un staff technique réussira d'autant mieux qu'il parviendra à "intégrer" ses joueurs dans les objectifs, les tâches et les projets du club, de l'équipe.
Je vous présente un article paru dans "le monde" le 12/12/2008 et écrit par Bertrand D'ARMAGNAC, qui vous présente un exemple de management participatif utilisé par le staff technique de l'US OYONNAX Rugby.
Article du "monde":
Les vestiaires du club de rugby d'Oyonnax (Ain) ne résonnent pas seulement des crampons qui raclent le carrelage et des (gros) mots lâchés pour motiver avant les matches. On y entend aussi souvent parler de comité de pilotage, d'objectifs, de valeurs et d'entretiens individuels. C'est que l'équipe, évoluant en ProD2 (deuxième division), est encadrée depuis dix-huit mois par Christophe Urios, son directeur sportif passé par Castres et Bourgoin, et Olivier Nier, un universitaire travaillant notamment sur le facteur humain dans le sport et qui s'est mis en disponibilité pour entraîner le club.
Le match contre Colomiers a été discuté et placé dans une perspective stratégique, fin novembre. Ce jour-là, joueurs et entraîneurs ont consacré quelques heures à un "bilan d'étape", comme ils le font tous les cinq matches. Après le déjeuner pris ensemble dans le club-house, Christophe Urios et Olivier Nier ont d'abord réuni le "comité des sages", un groupe de huit joueurs nommés pour la saison et représentatifs de l'équipe : des jeunes, des anciens, des avants et des trois-quarts. "Tout le monde peut s'y reconnaître", souligne Johann Authier, demi de mêlée et l'un des "sages", venu de Grenoble à Oyonnax, séduit par le projet.
Pendant trois-quarts d'heure, la vie du groupe, ses problèmes individuels, les perspectives de recrutement et la logistique sont discutés avec le comité. L'ambiance est concentrée et détendue. Très éloignée de ce qui se fait dans d'autres clubs, où ce genre de questions se traite dans un couloir de vestiaires ou sur un coin de table de bistrot.
Ensuite, le reste des joueurs est arrivé pour une séance de travail de deux heures, afin de faire le bilan des cinq matches joués et fixer des objectifs, quantifiés, pour les cinq rencontres à venir. D'abord répartis en petits groupes puis rassemblés pour une synthèse devant un paper board. La discussion aboutit à un plan de marche. Tous veulent regagner au plus vite la cinquième place du classement, synonyme de qualification pour les demi-finales du championnat.
Pour les joueurs de cette équipe - habituée au milieu de classement les saisons passées -, il s'agit d'un objectif ambitieux. Les dirigeants et les entraîneurs, plus prudents, visent la sixième place. Le groupe décline régulièrement cet objectif sur des points secondaires, par exemple en termes de défense et d'attaque.
ENTRETIENS INDIVIDUELS
Johann Authier, passé par des clubs où les relations humaines étaient moins riches, voit dans ce système "le moyen d'éviter les non-dits, car, comme dans l'entreprise, il n'y a pas d'intérêt pour le groupe à gagner sans qu'il y ait aussi un gain humain, sinon, à terme, un rouage casse". Le management participatif qui s'installe à Oyonnax ne peut toutefois réussir sans "des rôles clairement définis, souligne Olivier Nier. Les joueurs ne doivent pas se mettre dans une position d'entraîneurs par procuration".
La valorisation des performances passe aussi par des entretiens individuels réguliers qui s'appuient sur une "fiche de poste" contenant des évaluations mêlant technique et qualités humaines, et sur des vidéos des prestations du joueur. Un système simple que les joueurs se sont approprié : "Cela repose sur des éléments concrets", note Salim Tebani, talonneur, membre du comité de sages et représentant du syndicat national des joueurs Provale.
L'organisation participative vise aussi à fidéliser les joueurs au moment des renouvellements de contrat. "On ne vient pas jouer à Oyonnax pour la plage ou les Champs-Elysées, sourit Christophe Urios, mais plutôt pour un projet sérieux, valorisant."
Oyonnax espère atteindre la cinquième place à la fin de la saison. Mais, pour ses joueurs et ses entraîneurs, il s'agit aussi d'enrichir l'expérience d'"un groupe qui se crée une histoire", selon Salim Tebani.
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