Le football professionnel français dont le chiffre d'affaires pour la saison 2006-2007 s'élève à 1,17 milliard d'euros, se porte très mal sportivement parlant : pour la deuxième saison d'affilée, aucun club français ne participera aux quarts de finale des Coupes européennes. La situation a été jugée particulièrement inquiétante par le secrétaire d'Etat aux Sports, Bernard Laporte, qui a décidé de « confier » à son collègue de gouvernement, Eric Besson, secrétaire d'Etat à la Prospective, « la conduite d'une étude complète sur la compétitivité du football professionnel français », a-t-il annoncé. Déclarant : « Quand je vois les budgets de 140 millions d'euros à Lyon et de 300 millions au Real Madrid, je m'interroge. Un tel écart est-il normal ? » Et l'ancien entraîneur de l'équipe de France de rugby de s'interroger : « Ribery [NDLR : qui a quitté l'Olympique de Marseille pour le Bayern Munich] doit avoir raison », car « il le vit », d'annoncer qu'« il ne reviendrait plus en club en France, parce qu'en Allemagne on est mieux traité ». « On est content d'entendre ça ? » se demande-t-il.
Du côté de Canal + et d'Orange, les nouveaux diffuseurs du Championnat de France qui vont débourser 668 millions annuels sur la période 2008-2012, on devrait se poser des questions. Avant le lancement de l'appel d'offres, les dirigeants de la chaîne cryptée qui payaient, seuls, les droits (600 millions annuels sur 2005-2008) avaient tiré la sonnette d'alarme, se plaignant de la mauvaise qualité du championnat, du peu de buts marqués, du manque de vedettes et de la vétusté des stades en comparaison avec nos voisins étrangers dont ils diffusent les matchs. Ils n'ont pas tort. Comparée aux autres grandes capitales européennes qui accueillent plusieurs équipes prestigieuses, Paris offre un « pauvre » Paris-Saint-Germain qui se morfond au bas du classement de la Ligue 1. Le prestigieux Olympique de Marseille, seule « marque » de foot connue hors de nos frontières, n'a plus remporté de titre de champion de France depuis 1992 et son actionnaire Robert Louis-Dreyfus voudrait bien s'en débarrasser.
Peu de visibilité
Quant à Lyon, ses six titres obtenus depuis 2002 ne lui donnent pas encore la visibilité attendue au plan international. La puissante chaîne de TV chinoise CCTV4 n'a pas diffusé une seule image du match Lyon-Bordeaux (entre le 1er et le 2e du classement actuel) de la semaine passée, alors que les rencontres anglaises, allemandes, espagnoles et italiennes étaient commentées largement. Frédéric Thiriez, président de la Ligue de football professionnel, reconnaît qu'« il est de plus en plus difficile pour nos clubs de lutter alors que les écarts se creusent : le chiffre d'affaires du football professionnel anglais est deux fois et demie supérieur à celui du football professionnel français qui est de 1 milliard d'euros contre 2,5 milliards pour l'Angleterre, 1,4 milliard pour l'Italie, 1,2 milliard pour l'Espagne et l'Allemagne ». Aujourd'hui, Lyon et Marseille, qui ont les premier et deuxième budgets français, ne sont que 13e et 19e au palmarès européen. « Non seulement nos clubs sont moins riches, mais ils sont aussi handicapés par le poids des charges sociales et fiscales qui, malgré les dernières avancées législatives, restent les plus élevées en France que chez nos concurrents européens, de 20 % en moyenne », souligne le président de la LFP. A la traîne sportivement, le foot français est par contre en pointe au plan de sa gestion. Pour la seconde année consécutive, la Ligue 1 affiche un bénéfice de + 43 millions, peut-on lire dans le dernier rapport de la Direction nationale de contrôle de gestion pour la saison 2006-2007. Car la France est le seul pays à s'être doté d'un organisme qui veille sur la santé financière des clubs. Partout ailleurs en Europe règne un certain laxisme et l'idée d'une DNCG européenne réclamée par la LFP heurte de plein fouet la philosophie d'inspiration libérale anglo-saxonne prédominante sur le Vieux Continent. Si le foot français se porte bien financièrement parlant, il le doit à la TV. La part moyenne dans les budgets des clubs de L 1 des droits audiovisuels continuant d'augmenter pour représenter 58 % des produits hors transferts de joueurs, « incite à rester prudent quant à l'équilibre financier des clubs pour les prochaines saisons », écrivent les experts.
D'autant que les autres ressources (billetterie, sponsoring, merchandising) restent faibles par rapport à nos grands voisins européens, alors que les salaires des footballeurs continuent de flamber en valeur absolue (+ 71 millions) et en part relative (53 % du total des charges compétition).
Ecart avec les voisins
« L'Equipe » précise dans son édition en date du 14 mars, que le salaire moyen brut mensuel d'un joueur de Ligue 1 s'élève à 44.000 euros ; mais il est de 65.000 euros en Bundesliga allemande et 145.000 euros en Premier League anglaise. « A ces prix-là, on peut mouiller le maillot », ironise un expert. Or, en Ligue 1, on le mouille semble-t-il, moins bien qu'ailleurs. Et l'étude, réalisée par IneumConsulting/Euromed, montre que la partie s'annonce difficile (« Les Echos » du 22-23 février). Certes, d'un point de vue sportif, la France occupe la quatrième place à l'indice UEFA 2007, devançant l'Allemagne. Mais cette position est menacée, la dynamique du foot d'outre-Rhin depuis le Mondial 2006 (affluence record dans des stades flambant neufs, augmentation du sponsoring et des recettes commerciales) « devrait se matérialiser prochainement sur le terrain », prédit l'étude. Avec raison : trois clubs allemands viennent de se qualifier pour les phases finales des Coupes européennes (Schalke 04, Bayern Munich, Leverkusen) cette saison. Sur un plan économique, l'étude indique que l'écart avec nos puissants voisins du ballon rond se chiffrait au bas mot à 400 millions. Le montant qui manque à nos clubs pour espérer conquérir un titre européen. Pas simple.












![Le Code du Sport est en vente sur la LIBRAIRIE en ligne du Management Sportif [Cliquez ici]](http://julienissartel.hautetfort.com/images/PUCES_PATCHS/Code_du_sport.gif)

PLASTICS VALLEE FOOTBALL CLUB ![Pour soutenir l'Association Sport sans Frontières [Cliquez ici]](http://julienissartel.hautetfort.com/images/PUCES_PATCHS/encart_Sport_sans_Frontiere.gif)


Jean-Michel AULAS attire l’attention des parlementaires sur les effets néfastes que produiraient inévitablement une telle initiative sur le football français qui se retrouverait alors dans une situation de très grande précarité par rapport à ses concurrents européens.




La Fédération internationale de football ne connaît pas la crise
La situation financière très confortable de la FIFA , devrait se prolonger, le budget de la coupe du monde 2010 en Afrique du Sud étant déjà bouclé. Son président, Sep Blatter, redoute en revanche les effets de la crise financière sur les clubs: pertes de sponsors, de droits télévisés...Il se dit prêt à les soutenir.
La Fédération internationale de football (FIFA) est pour l'instant préservée de la crise économique mondiale, a déclaré son président, Joseph Blatter, dimanche à Tokyo en marge du Mondial des clubs. "Nous avons la chance que notre situation financière soit pour l'instant très confortable", a déclaré M. Blatter, en précisant que la FIFA possédait plusieurs millions de dollars de réserve. "Nous pouvons regarder devant nous avec optimisme, mais pas un optimisme béat", a ajouté le président.
La grande partie des revenus de la FIFA provient de l'organisation de la Coupe du monde tous les quatre ans. Ainsi, la FIFA s'est déjà couverte pour les deux prochaines Coupes du monde (2010 et 2014), à hauteur de 650 millions de dollars (514,6 millions d'euros), en cas de report ou d'un éventuel changement du pays organisateur.
Quant au budget de la prochaine Coupe du monde, qui se tiendra en 2010 en Afrique du Sud, la FIFA dit l'avoir bouclé à hauteur de 95 %.
Les clubs dans une situation plus difficile
M. Blatter a ensuite évoqué la situation plus difficile des clubs, face à la crise a sur eux. "Nous sommes concernés par l'impact de la crise sur les clubs", a-t-il ajouté. "Certaines Ligues ont perdu leurs sponsors, puis leurs droits TV. Nous devons nous montrer solidaires en ces temps troublés. Sir Alex Ferguson (son manager) a dit récemment que Manchester United était affecté par cette crise, et Karl Heinz Rummenigge (son président) a expliqué que le Bayern Munich ne serait pas en mesure d'acheter des joueurs cet hiver".
Sur longue période malgré tout, la principale manne du football, les droits TV, ont explosé. Ainsi, le dernier Euro qui s'est tenu en juin dernier en Suisse et en Autriche, a rapporté 800 millions d'euros... contre 50 millions pour l'Euro de 1996.
De quoi inciter à tout faire pour ne pas tarir la source. "Quoiqu'il arrive, j'ai dit aux membres du comité exécutif (de la FIFA) que nous devions nous montrer solidaires en cette période de crise et aider ceux qui en avaient le plus besoin", a assuré Sep Blatter. (Source AFP)
Article du site http://www.lesechos.fr
Dans le monde amateur, cette crise financière pourrait avoir des conséquences sur le montant des subventions publiques (collectivités territoriales, CNDS…), des partenariats privés et les projets de construction ou de rénovation des infrastructures des clubs. Par ailleurs, cela pourrait aggraver encore la situation du bénévolat dans nos clubs : moins d’engagement, moins de renouvellements…
Par conséquent, face à cette crise, nous devrons trouver d’autres moyens et réorganiser les clubs :
- Ouvrir le club sur son environnement
- Renforcer les liens avec les partenaires afin de mutualiser les compétences, les infrastructures, les ressources humaines et matérielles
- Mieux communiquer sur nos actions pour convaincre les partenaires de nous soutenir,
- Organiser l’implication des parents (défini lors de l’adhésion du licencié)
- Soulager « matériellement » les bénévoles
- Apporter plus de reconnaissance aux bénévoles
- Professionnaliser le club en profitant des contrats aidés dans un objectif de développement d’actions diverses (stages de foot, recherche de partenaires, de subventions, communication…)